
Saint-Pierre-d’Entremont
décembre 22, 2025
Via ferrata de la Roche Veyrand
janvier 13, 2026La tour d'Infernet
Sentinelle historique de Saint-Pierre-d’Entremont
Au cœur de Saint-Pierre-d’Entremont, la tour d’Infernet constitue l’un des derniers vestiges visibles de l’histoire médiévale du village. Discrète mais immédiatement identifiable, elle rappelle le rôle stratégique qu’a longtemps joué cette vallée située sur une frontière politique majeure entre le Dauphiné et le duché de Savoie.
début du XVIème siècle
Un territoire de frontière
À la fin du Moyen Âge, Saint-Pierre-d’Entremont se trouve sur une zone frontalière sensible. Le cours du Guiers marque alors la limite entre deux entités distinctes : le Dauphiné, rattaché au Royaume de France, et le duché de Savoie, État indépendant jusqu’au XVIᵉ siècle. Cette position confère au village une importance particulière, tant pour le contrôle des circulations que pour les échanges commerciaux et humains.
La tour de l’Infernet s’inscrit dans ce contexte. Elle est le vestige d’une maison forte, probablement édifiée à la fin du XVe siècle, à une période où les architectures défensives évoluent pour s’adapter à l’usage croissant des armes à feu. Loin d’être un château fort monumental, il s’agit d’un bâtiment seigneurial local, destiné à affirmer une autorité et à surveiller un axe de passage essentiel dans la vallée.
Une architecture fonctionnelle et défensive
Construite en pierre locale, la tour présente une élévation massive et des murs épais, caractéristiques des maisons fortes de cette époque. Les ouvertures étroites visibles sur l’édifice correspondent très probablement à des bouches à feu, conçues pour l’usage des premières armes à feu portatives. Ces dispositifs permettaient à la fois l’observation et la défense, tout en limitant l’exposition des occupants.
La sobriété de l’ensemble reflète une architecture avant tout fonctionnelle, adaptée au relief, au climat et aux enjeux de surveillance. La tour était intégrée à un ensemble bâti plus vaste, aujourd’hui disparu, qui constituait une résidence seigneuriale modeste mais stratégique.
Incendie, restauration et toiture actuelle
Au début du XXIᵉ siècle, la tour de l’Infernet a été gravement touchée par un incendie qui a détruit sa charpente et sa toiture. Cet événement a mis en évidence la fragilité du bâtiment et son importance patrimoniale. Une restauration a alors été engagée afin de préserver la structure en pierre et de protéger durablement l’édifice.
La tour est aujourd’hui coiffée d’une toiture reconstruite, qui remplace celle détruite par le feu. Cette intervention a permis de redonner à la tour son volume d’origine et d’assurer sa conservation, tout en maintenant son caractère sobre et authentique.
Un repère dans le paysage et la mémoire locale
Aujourd’hui, la tour de l’Infernet ne remplit plus de fonction défensive. Elle demeure toutefois un repère fort dans le paysage du village, rappelant l’histoire frontalière de Saint-Pierre-d’Entremont. Visible depuis le bourg et les abords du Guiers, elle incarne une mémoire silencieuse : celle d’un territoire longtemps marqué par les limites politiques, les passages contrôlés et les équilibres de pouvoir.
Plus qu’un monument spectaculaire, la tour de l’Infernet est un témoin précieux de l’organisation locale à la fin du Moyen Âge. Elle raconte une époque où la montagne n’était pas seulement un décor, mais un espace stratégique, vécu et surveillé, au cœur de la Chartreuse.




